« Sacré Géraud ! » à Aurillac : nous y étions
« Sacré Géraud ! » à Aurillac : nous y étions
Vous souvenez-vous ? Nouvelle Cité en avait parlé en septembre dans une interview de Pierre Monthoil : une comédie musicale se prépare à Aurillac sur l’histoire du fondateur de la ville, Pierre en est l’initiateur. « Sacré Géraud ! » retrace l’histoire de Géraud, comte d’Aurillac au 9ème siècle, désigné saint par acclamation. Après plus de deux ans de préparation, les 150 bénévoles qui ont participé à l’aventure ont présenté au grand public le résultat final le 8 et 9 mai derniers : nous y étions !
Nous y étions, surpris et émerveillés par ce spectacle de plus de deux heures, haut en couleurs ! Sur scène, nous découvrons une création originale écrite par Odile Sergues et Philippe Rouanne, metteurs en scène, interprétée par une quarantaine de comédiens, danseurs, escrimeurs, chanteurs, bruiteurs, choristes accompagnés par un orchestre symphonique constitué 35 musiciens : élèves, anciens élèves, professeurs du conservatoire d’Aurillac.
Ce qui nous a le plus marqués, c’est l’ambiance « de Mariapolis », dirait-on dans notre jargon : un climat joyeux et fraternel contagieux, qui s’est propagé de la scène au public nombreux, occupant jusqu’à la dernière place disponible dans l’église du Sacré-Cœur d’Aurillac.
Dès l’origine, Pierre a pensé ce projet dans l’esprit du mouvement des Focolari, dont il est membre : « mon inspiration initiale est le texte de Chiara “une ville ne suffit pas”, que j’ai lu et relu pendant des années pour comprendre qu’elle était la volonté de Dieu, et qui s’est éclairée de cette façon », nous dit-il. « Il fallait intégrer la dimension solidaire… plusieurs membres du bureau de l’association qui porte le projet se sont engagés à aller à la rencontre des personnes fragiles… l’atelier de couture des costumes intègre des migrants fréquentant le Secours catholique et des personnes handicapées » (Nouvelle Cité : septembre – octobre 2025, p38).
Un moment difficile est vécu fin 2025, avec le départ de l’équipe de plusieurs personnes et l’arrivée de nouveaux acteurs qui doivent s’intégrer dans l’équipe déjà constituée.
Mais lors de la « première », les moments difficiles sont un souvenir resté loin derrière : « Tous les bénévoles vivent une expérience audacieuse, surprenante, artistique. Ils expérimentent une vie collaborative et fraternelle lors des répétitions générales, au moment des grandes tablées où tout le monde est accueilli, y compris les gens de passage, à l’image du bon comte Géraud » commente encore Pierre avant la représentation.
Une spectatrice, faisant elle-même de la mise en scène et de la création théâtrale, exprime bien dans un message adressé aux organisateurs les sentiments que nous aussi avons ressenti à la fin de la représentation : « cette apparente simplicité cache un travail immense, une fluidité si naturelle, alors qu’en amont tout est d’une extrême complexité… je suis profondément émue, et ce sont sans doute les mots les plus justes que je puisse trouver… ».
Le « bon comte Géraud », lointain descendant de Charlemagne (sources Wikipedia), saint d’une époque lointaine et révolue, revient d’actualité depuis quelques années, après la découverte des fondations de l’ancien monastère du 9ème siècle, tout près de l’abbatiale qui porte son nom à Aurillac.
Le Géraud que les deux réalisateurs nous présentent ne manque pas de traits actuels : un jeune talentueux et cultivé, dont le projet de vie est remis en cause par la mort soudaine du père et les devoirs sociaux de son rang. Un homme qui, dans l’âge de la maturité, fait évoluer son désir de réalisation personnelle vers le service bienveillant envers son entourage et le territoire qu’il gouverne. A la fin de sa vie Géraud engage ses capacités et ses biens dans la construction d’une abbaye entourée d’œuvres sociales, dont le rayonnement culturel en Europe se propage dans les siècles qui suivent. « Sacré Géraud ! » nous invite à entrer dans sa grande famille, voulant enflammer la cité par l’amour bienveillant qu’il nous inspire encore 11 siècles après sa mort.
Nous y étions, spectateurs privilégiés de ce moment qui nous élève pendant un instant hors du temps et hors de l’espace.
Et pour qui n’y était pas ? L’équipe travaille pour nous redonner en vidéo les 17 tableaux musicaux de la comédie, et l’espoir fait son chemin pour que d’autres représentations soient proposées dans l’avenir.
Nous y étions :
Fabio Bertagnin – Lyon
Brigitte et Dominique Guibert – Castres
Jeanne et Fred Le Barbier – Castres
