Engagement dans un groupe paroissial

Notre paroisse a lancé il y a trois ans un projet de mission, qui consiste en petits groupes, qui se retrouvent chez l’un d’entre eux, en invitant à y participer des personnes pratiquantes comme non pratiquantes.

Ces groupes étaient placés « sous la bannière » de Matthieu 18,20 :« En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Évidemment, cela parle beaucoup à un membre des focolari…

Une voisine avait déjà initié un groupe de 3. L’impulsion paroissiale a permis de l’étoffer petit à petit. On m’a demandé un jour si nous pouvions accueillir un catéchumène provenant d’une autre religion. Cela m’a un peu gênée au début, ayant très longtemps fait partie du groupe diocésain de dialogue interreligieux. Ce catéchumène, seul homme du groupe, m’a rassurée sur le fait qu’il ne se sentirait pas contraint en intégrant notre petite cellule, il s’est très bien intégré et a été une grande stimulation pour chacun.
Nous sommes donc de milieux sociaux, d’origine géographiques et d’âges divers, de tempéraments très différents, avec nos blessures, et il y aurait bien des occasions pour l’un ou l’autre, de se fâcher ou de partir si Jésus n’était pas présent au milieu de nous.
Au contraire, chacun est d’un grand apport. Petit à petit, sont arrivées des occasions de s’entraider.

Par exemple, l’un des membres a toujours a cœur d’apporter des ouvrages pour la formation du catéchumène, c’est elle qui a pensé à lui faire un cadeau pour son baptême puis sa confirmation.
Un autre a évoqué un jour la situation complexe, rencontrée dans son travail, de jeunes souhaitant changer de sexe. Une vidéo que j’avais trouvé sur internet apportait un éclairage chrétien très intéressant. Il a souhaité que nous la regardions avec tout le groupe et les échanges qui ont suivis ont été très intéressants et formateurs. À l’occasion, une vidéo extraite du collegamento a aussi nourri nos échanges.
Un autre a eu un accident qui l’a immobilisé. Étant sa voisine je pouvais assurer le « service de nuit », mais j’ai eu la joie de voir une autre se faire proche elle aussi et venir l’aider, entamant une relation d’amitié.

Depuis janvier, à deux occasions, l’un de nous a perdu un être cher et « par chance » la date des obsèques a permis à presque tout le groupe d’être présent.

J’ai aussi beaucoup reçu : j’avais exprimé à Dieu le besoin d’avoir des vêtements un peu plus élégants. Et l’une d’entre nous, sans rien savoir, m’a proposé de venir essayer chez elle des vêtements, certains jamais portés, qu’elle souhaitait donner à une personne plutôt qu’à une association. Nous y sommes allées à deux, cela a été l’occasion de vivre un moment de convivialité, ma garde robe a été totalement renouvelée et mon amie a trouvé des sacs à son goût. J’ai eu aussi l’occasion d’expliquer au catéchumène que, comme cette personne ne voulait rien en échange, j’avais pu faire un don à une association (l’AMU).

A l’Ascension, j’ai reçu un petit SMS de l’une de nous, qui habite la même résidence, pour me souhaiter une bonne fête. Cela m’a particulièrement touchée, et j’ai pris conscience qu’elle était une alliée extraordinaire, une femme très priante, la seule à ma connaissance, dans cette résidence. Lorsque je lui ai exposé que nous pouvions nous mettre d’accord pour confier ensemble à Dieu cette résidence et ses habitants (environ 130 appartements), en se faisant part des soucis concrets ou des rencontres que nous faisions, elle a tout de suite été d’accord. Elle a évoqué une dame âgée avec laquelle elle avait commencé à nouer une relation, et je lui ai confié un souci que le conseil syndical avait avec le gardien. Quelque temps après, on m’a appris qu’un propriétaire de la résidence acceptait de reprendre le poste lorsque le gardien partira à la retraite. Cette solution m’est vraiment apparue comme une grâce, fruit de cette relation « là ou deux ou trois… ».

 

Françoise L.