Congrès des 18-30 ans à Madrid

« Se reconnecter » était un événement majeur organisé par et pour les « Gen 2 », les jeunes du Mouvement des Focolari âgés de 17 à 30 ans. Premier en huit ans en Europe occidentale, il s’est tenu à Madrid du 5 au 8 décembre 2025. Conçu comme une véritable expérience, ses organisateurs n’imaginaient pas qu’il rassemblerait 238 participants venus de 15 pays européens (Espagne, Portugal, Italie, Irlande, France, Autriche, Royaume-Uni, Roumanie, Hongrie, Belgique, Suisse, Malte, Pays-Bas, Allemagne, Suède et Slovaquie).

Cependant, la plus grande surprise fut de voir comment ce congrès s’est transformé en un événement international. Des jeunes et des adultes de diverses nationalités y ont participé, notamment d’Argentine, d’Équateur, de Guinée, du Brésil, du Pakistan, de Malaisie, du Venezuela, du Togo, d’Égypte, de Jordanie, de Palestine, du Burundi, du Chili, de Nouvelle-Zélande, de Côte d’Ivoire et du Japon.

Les objectifs de cette initiative étaient de « se reconnecter à Dieu, à soi-même et aux autres ». Tel était le défi ambitieux lancé dès la première journée du congrès. Partant d’une compréhension de la véritable nature de la prière, à laquelle une large place a été consacrée, celle-ci a également été perçue comme un moment profondément personnel d’exploration de son être intérieur, qui peut s’exprimer de manières très différentes et uniques pour chacun.

Les témoignages poignants de souffrance ont introduit un sujet encore sous-estimé par une grande partie de la société il y a quelques années : la santé mentale. De manière tout à fait novatrice et, il faut le dire, visionnaire, et restant ancrée dans le présent, cette conférence a choisi d’explorer plus en profondeur cet aspect souvent invisible de l’âme humaine, afin d’offrir des outils pour aider les jeunes. La participation de la psychothérapeute Elisabeth Ohlboeck a été éclairante à cet égard. Elle a expliqué l’importance de nommer les choses et de ne pas nier leur existence, mais plutôt de les mettre au grand jour, d’avoir le courage de demander de l’aide. Car ignorer le problème, tenter de le repousser, ne pas le nommer, ne fait que l’aggraver et le rendre plus dangereux.

Le temps de cette rencontre a été rythmé par des moments de recueillement matinal, d’adoration et de veillée, permettant de se reconnecter à Dieu dans le respect de toutes les sensibilités religieuses et spirituelles. Outre la messe catholique, d’autres moments de recueillement et de partage ont été organisés, utiles à ceux qui vivent leur spiritualité différemment. Par exemple, dans un esprit de respect et d’accueil, une petite salle de prière a été aménagée pour les participants musulmans. Ce choix soulignait non seulement la volonté d’inclusion, mais aussi le désir d’un dialogue authentique, exempt de préjugés.

L’accent mis sur la promotion du dialogue intergénérationnel était évident : des espaces d’écoute et de partage ont encouragé les rencontres entre jeunes, adultes et personnes d’horizons divers dans un climat de confiance mutuelle et de poursuite d’objectifs communs.

Un autre pilier important de ce congrès était le retour à la communauté, à la vie des « Unités Gen. » du Mouvement des Focolari, ces groupes de jeunes engagés à vivre le charisme de Chiara Lubich. Là aussi, une figure révolutionnaire à bien des égards, le professeur d’université Giuseppe Pellegrini a pris la parole, suivi de l’enseignant Gianluca Falconi, dont le discours a véritablement interpellé l’auditoire. « Ceux qui sont forts n’ont pas besoin de Dieu. » Il a ensuite expliqué pourquoi : nous sommes tous fragiles, pécheurs, seuls certains refusent de se l’avouer, ceux qui ne croient pas avoir besoin d’amour.

Parmi toutes les activités proposées, il convient de souligner le message de paix qui se dégageait de ce congrès. En 2025, la guerre dans le monde a ravagé la vie de nombreuses personnes. Au terme d’une année longue et complexe, des jeunes ont décidé de parler de paix. R (une lettre fictive désignant l’un des protagonistes de cette histoire) est chrétien, né et élevé à Bethléem, en Palestine. Il y a aussi Mira, musulmane, qui vit en Jordanie mais est d’origine palestinienne. Ils ont fait un long voyage ; pour Mira, c’est son premier séjour en Europe. Ils ont obtenu un visa spécialement pour venir à Madrid et nous parler d’amour, de souffrance, mais aussi du pouvoir de l’espoir. Pour R, la guerre n’est pas seulement un phénomène extérieur, elle se déroule aussi en nous : « Elle commence par nos réactions, nos peurs, notre colère et la souffrance que nous portons. De même, la paix commence aussi en nous, lorsque nous choisissons la patience plutôt que la frustration, la compassion plutôt que le jugement et l’espoir plutôt que le désespoir. » Pour Mira : « Les conflits ont toujours existé et existeront probablement toujours. […] Imaginez un monde avec des milliards d’êtres humains, d’idées, de cultures et d’histoires. Mais cela ne rend pas la paix irréaliste. Cela la rend nécessaire. » Elle ajoute : « Avec le temps, j’ai compris une chose : la paix ne commence pas avec la fin de la guerre. La paix commence avec la compréhension, l’empathie et l’écoute. »

 

Ce congrès a été qualifié par les jeunes comme :

** un retour à la maison, la joie de se rencontrer, de connaître des nouveaux Gen, de partager les joies ainsi que les difficultés. 

** se reconnecter entre nous pour un nouveau départ, une nouvelle unité pour rendre ce monde meilleur.

** être ensemble une grande famille 

** des rapports profonds pour savoir comment aimer le prochain.