EcoOne : Habiter la Terre autrement

Du 18 au 20 septembre, Castel Gandolfo a accueilli le colloque international d’EcoOne, réunissant des chercheurs, des universitaires et des personnes engagées dans de nombreux pays autour d’un même défi : comment prendre soin de notre maison commune et construire une véritable écologie intégrale ?

L’équipe d’organisation

Au fil des rencontres, une conviction s’est imposée : nous ne pouvons pas penser l’écologie uniquement comme une question environnementale. Elle concerne aussi nos relations entre les personnes, les sociétés et la nature. Tout est lié. L’être humain n’est pas placé au-dessus de la création, mais il en fait pleinement partie et dépend, comme les plantes et les animaux, de cet équilibre vivant.

Cette vision rejoint l’intuition profonde de Chiara Lubich. EcoOne est né en 1999, mais ses racines remontent à l’expérience spirituelle vécue par Chiara en 1949, lorsqu’elle a contemplé la création comme un ensemble profondément relié par l’amour. Cette expérience ouvre une manière nouvelle de regarder le monde : chaque personne, chaque être vivant et la nature ont une valeur propre et participent à une même dynamique de vie.

Le colloque a ainsi fait dialoguer science et spiritualité, théologie et sciences humaines, réflexion et expériences concrètes. Les chercheurs ont notamment montré combien les sciences elles-mêmes révèlent l’interdépendance qui caractérise le vivant. Dans le monde végétal, par exemple, les plantes échangent eau, nutriments et défenses, et peuvent même venir en aide à celles qui disposent de moins de ressources. Cette réalité nous invite à repenser nos propres modes de vie et à développer davantage la solidarité.

Cette réflexion ne reste pas théorique. Les participants ont partagé de nombreuses initiatives menées dans différents pays : projets autour des énergies renouvelables, plantation d’arbres, réduction des déchets, éducation à l’environnement, régénération des sols ou encore soutien à des communautés agricoles. Ces expériences montrent qu’une écologie intégrale peut réellement transformer les territoires et redonner vie aux communautés.

Une autre dimension importante est apparue : la justice humaine est inséparable de l’écologie intégrale. Prendre soin de la planète signifie aussi prendre soin des personnes, particulièrement des plus fragiles, et construire des relations fondées sur l’écoute, le respect et la coopération.

La question de la durabilité a également été abordée sous un angle nouveau. Plutôt que de la considérer uniquement comme une question économique, les échanges ont proposé de la penser comme une « durabilité relationnelle » : une manière de vivre où les relations constructives entre les personnes, la société et la nature deviennent elles-mêmes une source de transformation. Ainsi, dans un monde plus instable, incertain et chaotique qui questionne nos activités humaines, la qualité des relations entre humains et avec la nature constitue le chemin pour relever les défis.

Tout au long de ces journées, la relation a été le véritable fil conducteur. Relation entre les disciplines, entre les générations et les cultures, mais aussi relation vécue dans les rencontres et les témoignages. Une conviction s’est renforcée : seul, on ne va nulle part. L’avenir passe par la mise en réseau, la collaboration et la capacité à mobiliser les jeunes et toutes les forces vives de la société.

Au terme du colloque, beaucoup sont repartis avec une conscience renouvelée et surtout avec l’envie d’agir. L’espérance évoquée à Castel Gandolfo n’est pas une attente passive : elle invite chacun à contribuer concrètement au changement, en transformant peu à peu les mentalités et les modes de vie.

Il s’agit finalement d’apprendre à habiter la Terre autrement : faire de chaque décision, de chaque geste en faveur de notre maison commune, non pas une contrainte ou un sacrifice, mais une occasion de construire une société plus saine, plus prospère et plus unie.

Thierry

Pour en lire un peu plus:

https://www.focolare.org/fr/quand-lecologie-nait-des-relations/