Une retraite compromise

En 2025, depuis quelques mois je m’étais préparée à prendre la retraite le 1er décembre 2025. Avec le compte épargne temps et les divers congés j’ai arrêté de travailler début septembre. La cadre qui doit me remplacer prendra le poste le 1er janvier, j’ai donc réalisé les plannings jusqu’à la fin de l’année et organisé un maximum de tâches avant mon départ afin que le service puisse fonctionner le mieux possible durant ces 4 mois sans cadre.

A peine en congé, je reçois un message des Ressources Humaines pour m’informer qu’il y a un problème avec mon dossier de retraite. Lorsque je les rappelle, on me dit que mon dossier de retraite a été refusé parce que je n’ai pas cotisé assez de trimestres pour partir pour carrière longue et qu’il me manque 12 trimestres. Or, la RH m’avait bien donné un document spécifiant que je pouvais partir en retraite pour carrière longue et je ne comprenais pas pourquoi cela n’était plus possible. Il s’avère que le rachat des 3 années d’étude n’est pris en compte que si on a atteint l’âge légal et ne comptent pas pour la carrière longue.

Après une première nuit, où j’ai mal dormi, avec Jean nous discutons de la situation. En effet, mentalement j’étais en retraite et j’avais déjà organisé ma vie de retraitée : bénévolat et vacances notamment. Nous voyons que nos finances permettent que je ne reprenne pas le travail même si je serai 18 mois sans revenu. Je me rends aussi compte que lorsque j’ai arrêté de travailler il y a comme un poids qui est tombé de ma poitrine et en quelques jours mon mal de dos a disparu. Je prends conscience que je suis incapable de reprendre le travail dans les conditions actuelles et que j’étais au bord de l’épuisement.

Je prends également RDV avec le directeur pour comprendre quelle solution envisager. Après un échange où je lui explique comment je me sens, nous tombons d’accord pour que je prenne un congé sans solde à compter du 1er janvier jusqu’à mon départ en retraite, ainsi je suis encore payée en décembre et en janvier je touche la prime de fin d’année. De plus, avec la réforme, je pourrai partir en retraite 3 mois avant. J’ai également reçu une providence : un remboursement inattendu équivalent presque à un mois de salaire.

Aujourd’hui, je peux dire que Dieu fait bien toute chose et je vis la situation dans la confiance. J’apprends aussi l’humilité parce que j’ai toujours voulu travailler pour ne pas être dépendante d’un mari.

Paule T.