Joseph Lebour

« Et tu as cru à l’Amour ».

Joseph, tu étais notre ami, nous nous sommes lancés avec toi dans les années 70, derrière Chiara Lubich, pour porter ce que les GEN de l’époque appelaient « la révolution de l’Amour ». Nous étions à Toulouse les GEN des années 70/75. Ça semble si loin…. mais ton Ame n’a jamais vieilli et même à 77 ans, et dans la maladie aussi, tu avais toujours des idées nouvelles, des projets parfois « fous », ou simplement ton prochain projet du congrès sur l’Economie de Communion en Argentine prévu fin mai 2026, dont tu nous faisais part dans ton dernier message whatsapp du 1 mai, tu avais en toi une vitalité qui entraînait même les beaucoup plus jeunes que toi.

Né en 1948 dans les Côtes d’Armor, près de Guingamp, tu t’es retrouvé au Burundi en 1968 pour y accomplir tes deux ans de coopération, à la place du service militaire que tu refusais de faire. C’est là que tu as connu le Charisme de l’Unité, que tu as participé à ta première Mariapolis. Quand tu reviens dans les Côtes d’Armor, ta préoccupation principale est de trouver les personnes qui, en France, vivent de ce Charisme. Tu as beaucoup contribué à faire jaillir la vie du Mouvement en Bretagne, puis tu continues tes études à Rennes, ensuite à Toulouse dans les années 71/75. Voici ce que Pierre dit de toi aujourd’hui : « J’avais 11 ans quand je t’ai connu.  Tu as amené de la paix et de la spontanéité dans ma vie d‘enfant. Ta confiance dans l’instant présent et dans l’avenir proche qui s’appuyait sur une foi sincère m’a marqué. Nous venions de la région parisienne, je venais d’entrer au collège. Mes parents étaient en train de se séparer. Tu as été ainsi à l’origine d’un petit miracle à l’image des anges qui passent sans faire de bruit. Je me souviens très bien de la façon dont tu m’as abordé pour la première fois. Maman était à une manifestation du mouvement Focolari dans les locaux de l’école d’agriculture de Purpan. Les discussions d’adultes ne m’intéressaient guère. Je suis donc parti jouer au ballon dehors avec mon frère et tu es venu jouer avec nous. Cela m’a d’abord étonné, je me suis dit “il va nous pousser à revenir dans le groupe”; et je n’y tenais pas trop. Mais non tu as joué avec nous, tu as ri avec nous … c’était modeste tu nous prenais comme nous étions… Ainsi petit à petit à ta façon (pas du tout académique) tu as réuni un groupe d’enfants hétérogènes qui n’;auraient pas fait « unité » sans ta présence et cela a fonctionné.  Tu nous as fait confiance, je t’ai fait confiance et cela a donné un petit miracle ».

Dans la recherche de ta vocation, tu passes un an à Loppiano, l’École de formation des Focolarini. En 1978, tu pars au Pérou pour un projet de développement agricole, suite à tes études. C’est là que tu rencontres Maria-Lurdès, Lula, avec qui tu te maries en 1981..
 Voici ce que dit Silvano, du Pérou pour le journal “Ciudad Nueva” : “Aujourd’hui, vendredi 15 mai, l’Église célèbre saint Isidro travailleur, le paysan, saint patron des paysans et ce même jour [nous a quittés], Joseph Le Bour, d’origine française, mais « homme du monde entier », l’agriculteur par excellence, le passionné de la campagne, pionnier au Pérou de la « spiruline miraculeuse », mais aussi agronome, professeur d’université, chargé de cours, concepteur de dizaines de projets agricoles et sociaux, promoteur de projets tels que l’EdC (Économie de Communion) et le MPPU (Mouvement politique pour l’Unité), avant tout ami des nécessiteux…
Derrière un grand homme en général on trouve une grande femme, très précieuse, décédée il y a un peu plus d’un an, Lurdès « Lula » Bellatín, qui l’accompagnait partout et a su le soutenir toute sa vie, jusque dans ses « folles » initiatives ! »

Quelques témoignages : « Joseph était un pauvre parmi les pauvres et donnait sa vie pour faire le bien autour de lui, rien de plus. Véritable exemple, sa douceur ne sera pas effacée. » (D.L, français, compagnon de jeunesse)
« Le départ de Joseph a été perçu comme une coupure très importante pour toute la communauté, en particulier celle d’Arequipa, où lui et Lula (Lourdes) ont vécu de nombreuses années. Je me souviens d’une visite que j’ai faite à Arequipa, quand Lula était encore en vie. Nous nous retrouvions tous les jours à la messe de 17h et j’ai vu qu’ils saluaient tout le monde et que tout le monde les saluait, y compris le prêtre. Ils étaient très aimés de tous et respectés comme un exemple de vie évangélique.
Lors de cette visite, ils m’ont invité à déjeuner, dans une atmosphère presque sacrée, je dirais. Lula était déjà pratiquement immobilisée, donc les courses, le déjeuner et tout le service furent assurés par Joseph, avec sa béquille… J’ai été vraiment très édifié. Lorsque Lula est partie il y a quelques mois, Joseph s’est retrouvé seul, mais il ne l’a pas fait peser sur les autres. Au contraire, il a continué de rêver et de proposer de nombreux projets, liés à l’économie de communion, dont il était passionné. Il a proposé que nous transformions leur maison en «maison du vert», pour les bénévoles et les personnes âgées de l’Œuvre, toujours du point de vue de l’EdC. Jusqu’aux derniers jours, nous avons
continué à recevoir ses messages concernant ses projets”.

Gustavo (Pérou) « Joseph, une personne originale mais intègre. Je l’ai revu à Lima lors d’un voyage au Pérou en 1998. Toujours égal à lui-même. Un homme consacré à l’humanité pauvre et souffrante.»  (R. C. – France)
« Quand nous étions à Loppiano, je pensais qu’il était comme un petit ange. Bon et paisible, il a consacré sa vie à aider les plus pauvres, leur apprenant à cultiver la terre et… construire des maisons. » (G.F., collègue durant les années de formation à Loppiano)
« Ta vie et ton témoignage ne s’effacent pas avec ton absence, au contraire, ils restent parmi nous comme un héritage impérissable de foi et d’humanité… Merci, Joseph, pour chaque moment partagé, pour chaque conversation qui nous a redonné la paix, et pour chaque conseil que, avec sagesse et humilité, tu as su nous donner. Il ne me reste que la richesse de tes enseignements, la chaleur de tes paroles et, surtout, cet amour et cette dévotion inconditionnelle qui t’ont toujours caractérisé. Merci d’avoir été une lumière dans nos moments les plus sombres et de nous avoir appris la véritable valeur du service ». (H.T. collègue du noyau de volontaires avec qui il se réunissait chaque semaine)
« Un exemple d’amour, de dévouement à l’Idéal de Chiara, de charité, de vie, de douceur, de solidarité, de dévouement aux autres….Et le  “chapelet » serait long à dire en entier ».

« Je ne pensais pas que tu partirais, si vite au Ciel Même si Lulita t’y attendait, il n’y avait pas d’urgence, frère, (…)
Je ne comprends plus rien aujourd’hui.
Ta foi, ton désir de soutenir les enfants et les adultes, sont restés en rade, comme un défi pour ceux d’entre nous qui sont encore ici.
Plus de pollen, de miel ni d’abeilles, (…)
Plus de chants français en voyage.
Je chanterai seul, sans toi, sans la guitare imaginaire qui ravissait nos oreilles ».
(P. qui l’a accompagné ces derniers mois)

Tes amis « GEN des années 70/75 » à Toulouse