Ottmaring, laboratoire européen

Quarante-cinq participants de neuf pays européens se sont réunis à Ottmaring ( Allemagne) du 30 janvier au 1er février pour réfléchir sur l’Europe à la lumière du charisme de l’unité et sur la nécessité de retrouver un dialogue capable d’unir.
Le cœur de la méthode proposée : l’écoute réciproque.
« Nous ne sommes pas réunis pour élaborer un programme de travail : les actions concrètes existent déjà, comme l’expérience de Ensemble pour l’Europe, la formation de jeunes et de politiciens à Bruxelles ou le dialogue avec les politiciens de gauche, appelé Dialop. Nous sommes ici pour cultiver la passion pour l’Europe, convaincus que le charisme de l’unité est un don pour l’Europe, tout comme l’Europe l’est pour le charisme . Accueillir l’Esprit et s’accueillir les uns les autres , laisser le dialogue naître de la relation. » (Jesús Morán, Coprésident des Focolari) De nombreuses réflexions ont porté sur la fracture entre l’Europe occidentale et l’Europe
orientale.

L’Europe occidentale écoute-t-elle vraiment la voix de l’Est ? Lit-elle ses auteurs ? Comprend- elle ses blessures ? Lors d’un voyage à l’Est en 2023, l’un des participants a remarqué que beaucoup ne parlaient que du passé, accusant l’Ouest d’avoir érodé des valeurs telles que la
famille et la foi. Conseils pour cela :
– Ne pas chercher de réponses immédiates, mais mettre de côté ses préjugés pour aller à
la rencontre de l’autre
– Ne pas rechercher le dialogue comme objectif, mais chercher l’autre »
– Ne pas avoir peur d’ aborder les questions qui divisent – du genre au nucléaire.
La diversité ne devient une ressource que lorsqu’elle est traversée ensemble.
Une question « Si tu m’aimes, pourquoi ne connais-tu pas ma peine ? » Souvent, nous manquons de temps ou de courage pour vraiment écouter. Le dialogue naît de la vie concrète et non pas des programmes… (Francisco Canzani)
Le présent peut diviser, mais notre pacte d’unité doit être plus fort. L’évaluation des événements peut être différente, mais dans l’expérience de Chiara Lubich intitulée « Paradis ’49 », celle-ci parle d’une vérité qui accueille les contradictions dans l’unité. Un exemple concret de cet esprit est le focolare « Projet Europe » de Bruxelles, partagé par Luca Fiorani, Letizia Bakacsi et Maria Rosa Logozzo : une ancienne pizzeria transformée en lieu de dialogue entre parlementaires, réfugiés, fonctionnaires et jeunes, dans le silence des réseaux
sociaux et dans la simplicité de la rencontre. Ou encore : Dialop : un parcours de réflexion entre la gauche européenne et le monde catholique, inspiré notamment du « Paradis ’49 ». Ce projet, encouragé par Benoît XVI et le Pape François, aborde de grands thèmes éthiques selon la logique du « consensus différencié et du désaccord qualifié » (Franz Kronreif et Luisa Sello)
Le groupe du dialogue multipolaire a apporté des témoignages forts des blessures de l’Est. Pour panser ces blessures, de nouveaux chantiers de dialogue verront le jour, comme la rencontre internationale en Transylvanie sur les identités relationnelles.(Palko Toth)
De nombreux témoignages ont enrichi la rencontre : un couple russe divisé entre des récits opposés sur la guerre en Ukraine ; un couple du Haut-Adige habitué à vivre avec des langues et des cultures différentes ; un prêtre slovaque préoccupé par la perte du sens religieux en Europe occidentale. Jèsus Morán a rappelé le mystère de Jésus abandonné comme clé de l’identité européenne.

En conclusion : Il faut une « mystique relationnelle quotidienne », faite de dialogue, de réseaux vivants et d’initiatives culturelles et politiques. Tout ce qui existe — Ensemble pour l’Europe, le dialogue multipolaire, le Focolare Cultura, le « Projet Europe » de Bruxelles, Dialop — fait partie d’un seul et même tissu qu’il faut préserver et faire grandir. « Il faut avancer, maintenir le réseau vivant, chacun dans son engagement»
d’après l’article paru sur focolare.org le 14 février 2026

Ottmaring, laboratoire européen

Hombeline