Immigrés et réfugiés. Arméniens et Syriens. Un petit groupe de Lorrains se mobilise

 

Nous sommes un groupe d’amis. Désireux de nous engager dans un projet commun, nous nous sommes réunis pour donner la parole à chacun et faire ressortir ce qui pourrait être une direction commune. L’intérêt porté par chacun aux étrangers et aux réfugiés  est ressorti.

Un couple, Josyane et Michel, parle de leurs voisins et amis arméniens, en France depuis bientôt 3 ans. La maman est altiste et professeur de violon et le fils aîné pratique le violon. En attente d’autorisation de travailler sur le sol français, la famille s’investit beaucoup dans le bénévolat,  est engagée dans des actions, auprès de personnes elles-mêmes, en difficultés. Lilit offre des concerts, des animations musicales et du temps de repassage au Secours Catholique, à la paroisse catholique et au centre d’hébergement de Briey. Elle développe bénévolement, un projet d’animation musicale auprès de personnes grabataires en EPADH, à la demande du directeur des établissements de Briey.

Moi-même, je soutiens le travail d’un jeune artiste arménien en France depuis 5 ans, qui va exposer à la Cathédrale de Metz 12 grandes toiles d’inspiration spirituelle, une Piéta, une Annonciation, l’Envol… L’idée serait que l’altiste joue de son instrument au vernissage. Mais Lilit est sur le point d’accoucher et nous voudrions entendre la musicienne avant qu’elle se produise.

J’organise avec mon association « Parcours d’artistes » un marché des arts et de la création dans un écrin magnifique qu’est l’Eglise Saint-Pierres-aux-Nonnains. L’adjoint à la culture, réticent au début et devant ma détermination, accepte de nous prêter ce lieu dont le prix de location est très élevé. J’invite Lilit à participer à l’animation musicale. Le Secours Catholique propose à Lilit de participer à un concert à l’Eglise de Briey avec un accordéoniste et nous décidons de nous y rendre pour découvrir Lilit musicienne.  Sono défaillante, répertoire mal maîtrisé par un des musiciens …Lilit cependant donne le meilleur d’elle-même. Mais après cette expérience difficile, Lilit est inquiète et craint de ne pas nous satisfaire.

J’ai voulu aussi que ce marché, Arts en stock, s’ancre dans l’actualité de l’accueil aux réfugiés syriens. J’ai eu l’occasion de faire la connaissance du Dr Pitti, médecin urgentiste, conseiller municipal qui a créé une association s’occupant de formation à la médecine de guerre ainsi que d’autres actions, récolte de médicaments, convois de matériel médical… il existe aussi , entre la ville de Metz et Alep, une charte d’amitié. Les artistes d’Arts en stock qui le souhaitent donneront une œuvre dont le prix de vente reviendra à l’association Comsyr. Ce qui est fait à la hauteur de 410 € grâce à l’engagement et l’efficacité de Chantal qui tenait le stand.

Le samedi, Lilit a joué de l’alto et du violon, heureuse et enthousiaste, de neuf heures jusque vingt heures, sans presque d’interruption, prenant à peine le temps de manger. Sous les voûtes de l’église antique, se succédaient musique classique arménienne et occidentale, pour le plus grand bonheur des exposants et du public. Offrant autant de sa personne que de son art, Lilit touche les cœurs et les âmes.

Pour que cette animation soit un succès, il a fallu réparer l’alto de Lilit et ce sont Josyane et Michel qui se sont mobilisés pour rencontrer le luthier. Alain  M. a donc remis en état l’alto de Lilit, en nous offrant le coût de main d’œuvre. L’instrument cette fois a été revu de fond en comble. Ce fut un moment émouvant que d’entendre cet instrument vieux de quelques cent ans  retrouver toute sa sonorité.

Leurs amis ayant financé les cours de violon pour que le fils ainé, très doué lui aussi, puisse continuer sa formation, ont été contactés par la professeur disant qu’il serait bien cependant de louer un nouveau violon pour Bagdassar qui a bien grandi. Elle proposait aussi sa participation.

En tant que communauté locale, nous avons constitué un groupe à géométrie variable, s’engageant moralement à mener des actions solidaires de proximité. Alain est un artiste qui n’hésite pas à mettre toutes ses énergies au service de l’art, dut-il mettre son entreprise en difficultés financières. Il a consenti à la location sans caution  et tous  ces frais engagés sont portés par le groupe d’amis.

Lilit a pu être dédommagée de frais de déplacement. Le potier qui avait son stand en face de l’estrade où jouait Lilit lui a offert un coquelicot en céramique qu’elle avait admiré. Josyane qui l’avait remarqué aussi a fait de même.

Arts en stock a reçu la visite du maire et de l’adjoint à la culture, impressionné par la qualité et le succès de la manifestation. Il a proposé que le marché soit pérennisé alors qu’il avait douté de la bonne adéquation du lieu.

L’artiste arménien, invité du Marché, a lui aussi vendu une toile à un collectionneur.

Le dialogue avec les artistes arméniens et des Syriens n’en est qu’à ses débuts. D’autres collaborations se dessinent.

 

 

 

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