JEUNES : À Créteil, des réseaux sociaux … pour de vrai !

À la plage, ils ont préféré une semaine dédiée au service, à la rencontre, à l’interreligieux et à l’interculturel. Du 10 au 16 juillet, une soixantaine de 15-25 ans, de différentes régions de France et originaires d’une quinzaine de pays, ont vécu à Créteil un chantier « Homme Monde »[1].

« Où il y a de la tristesse qu’on y apporte de la joie, c’est un peu la devise des Focolari », annonce frère Dominique. (Le religieux), Ce frère des écoles chrétiennes, fondateur de la troupe de cirque, la Compagnie du Bonheur de la paroisse Notre-Dame du Chêne de Viroflay (78), a prononcé la formule magique : « abracadabra » et vient de faire apparaître des images, en blanc et noir puis en couleurs, sur un livre qui semblait pourtant rempli de pages blanches. Ses jeunes apprentis ne sont pas en reste : tours de magie, scènes burlesques, séances de jonglages, chansons (« La balade des gens heureux » et « La vie en rose ») ; autant de moments de fantaisie qui ont égayé, le 14 juillet, la vie des résidents et du personnel de l’EPHAD « Le hameau du Mesly », à Créteil, où Violeta, l’énergique cadre de santé, a invité les jeunes du chantier.

« Mais le but, c’est de faire des rencontres plus que d’organiser un spectacle », précise Antonella, focolarine à Nantes, l’une des animatrices. C’est pourquoi les jeunes, après avoir quitté leurs gros nez rouges et leurs tenues bariolées, s’installent autour des tables pour partager le goûter avec les pensionnaires. « Pour certains jeunes, notamment d’Afrique qui n’étaient jamais rentrés dans une maison de retraite, ce fut une expérience extrêmement forte et parfois difficile », raconte Antonella.

Une semaine de rencontres

Le programme de la semaine a ainsi alterné entre actions de solidarité (animations cirque, danse et musique dans trois EPHAD de Créteil ainsi que dans deux centres d’accueil de migrants), écologie (nettoyage des rues de cinq quartiers de Valenton en lien avec la municipalité) et contacts inter-religieux (riches échanges avec le rabbin à la grande synagogue de Créteil et avec l’association franco-turque de Valenton, animation d’une veillée de prière pour la paix à la cathédrale ainsi que de la messe à Villeneuve-Saint-Georges et visite d’une mosquée de Valenton). Sans oublier la détente (veillées jeux, fête dans un centre social à l’occasion de la victoire historique des footballeurs français). Au final des dizaines de rencontres avec des autorités religieuses et civiles, des habitants qui les ont hébergés, des commerçants qui les ont ravitaillés. Cette diversité était déjà intrinsèque au groupe, composé de jeunes catholiques et orthodoxes, musulmans, non-croyants, de quatre réfugiés, et de trois demandeurs d’asile dont le responsable avait été enthousiasmé par le projet du Chantier.

Souleyman, un des demandeurs d’asile, a écrit : « Je suis très content… J’ai beaucoup appris de la manière de vivre ensemble. ». « Ce fut une belle ouverture, commentent Monique et Marie-Claire, volontaires, et tous les membres de la communauté locale de Créteil qui ont organisé ce chantier, y compris sur des réalités qu’on ne connaît pas, même à deux pas de chez soi… ». Une ouverture aux dimensions du monde grâce aux témoignages donnés le matin par des jeunes revenus du Genfest ainsi qu’à ceux des amis de Macédoine qui ont raconté les liens construits via le chantier « Homme Monde » de l’été dernier[2] dans les Balkans. Sans oublier les vidéos des projets « Living Peace »[3] et « Faim Zéro »[4] dans lesquels le mouvement des Focolari est engagé.

Continuer

À l’heure du départ, les appréciations positives se sont succédé en rafales, du « c’était cool » à « j’ai vraiment adoré », en passant par « je ne voulais pas venir au départ mais je n’ai pas regretté ». « Le ramassage des déchets m’a permis de prendre conscience du gaspillage », a souligné Jonathan. « J’ai été assez impressionné par la joie qu’on peut apporter en faisant peu de choses », a relevé Adrien. « On voit qu’on peut être utile » s’est félicité Simon. « On n’est pas vraiment des pros mais c’est le geste qui compte, ce serait bien de continuer chez nous », a insisté Marilen. Quant à Alhousseyni, il a écrit : « J’ai été très content de rencontrer plein de gens, des personnes qui aiment leur prochain, qui aiment leur créateur et qui aiment des inconnus sans retour.»

Faisant écho aux nombreux messages de gratitude reçus et aux demandes de poursuivre ensemble tout au long de l’année, Jérôme, focolarino, un des promoteurs du projet, résumait bien cette expérience : « On est tous un peu des prophètes : on fait des choses qui nous dépassent et qui permettent à d’autres de se mettre en route ». Envie de recommencer ? Pourquoi pas ! Des portes ont été ouvertes et les gens en redemandent ! 

En ligne de mire, le prochain chantier international qui aura lieu au Kenya et en Côte d’Ivoire en 2020. Certains se préparent déjà …

 

Chantal JOLY

[1] L’objectif du projet est d’élargir les horizons des jeunes à travers la rencontre avec d’autres peuples et d’autres cultures en essayant de relever les défis qui se posent sur les différents continents.

[2] Voir Foco Actu n°587.

[3] http://www.livingpeaceinternational.org/fr/

[4] http://www.focolare.org/fr/news/2018/06/26/les-premier-citoyens-faim-zero/

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