Construire la fraternité en politique, c’est maintenant possible

Délégué général de l’ODAS (Observatoire national de l’action sociale), Jean-Louis SANCHEZ, que Muriel FLEURY présente, n’en est pas son premier coup d’essai pour agir et parler de fraternité.(Voir vidéos sur le site)

On peut parler d’expérience et même d’expertise en matière sociale, terrain privilégié pour manifester la fraternité.

  • Avant de lui donner la parole, la centaine de participants (120 présents dans la salle), Nous accueillons par liaison un groupe d’une trentaine de lyonnaises et lyonnais réunis pour entendre Jean-Louis SANCHEZ et poursuivre ensuite leurs échanges sur le même thème : comment construire la fraternité ?
  • Auteur de « La promesse de l’autre » (2014), Jean-Louis SANCHEZ écrit : « Une société désunie est une société désarmée ». Dès les premières minutes de son intervention, Jean-Louis SANCHEZ ressent l’atmosphère de la salle marquée déjà par deux journées de réflexion et de partage autour de la fraternité en politique. « J’aime beaucoup votre travail : vous êtes les premiers de la classe pour aborder la fraternité, c’est étonnant de lucidité ».

Plusieurs thèmes ont été abordés par JL SANCHEZ :

  • La fraternité est une quête de survie,
  • Notre pays a besoin d’une grande fraternité, car il est fracturé,
  • Le devoir est la garantie du droit : on l’a oublié tant dans les instances politiques que dans le monde associatif…
  • Les réflexes de protection sont très négatifs : ils engendrent l’individualisme et n’incitent à penser qu’en termes économiques l’avenir : c’est inquiétant.
  • -Le déficit du lien social et intergénérationnel peut conduire à une mort sociale avant la mort physique,
  • Donc, il nous faut d’urgence repenser la citoyenneté : en métamorphosant l’école-cœur de la citoyenneté, en mobilisant l’immense potentiel des « plus de 60 ans » qui peuvent être très disponibles pour les enfants et les jeunes,
  • Repenser aussi la dynamique interculturelle : on a trop stigmatisé les quartiers : la diversité est source d’enrichissement (cas de la ville de Clichy),
  • -Repenser le bénévolat et sa place : il est créateur d’emplois, dès lors qu’on développe la citoyenneté associative!
  • La solidarité doit retrouver le goût du risque : c’est ainsi qu’on protégera le mieux l’enfant (avant l’institution…),
  • Rendre la gouvernance soucieuse d’éthique et de déontologie avant la recherche de l’efficacité…
  • Enfin : décentraliser vraiment : la proximité régule la norme.

Une note positive : la fraternité a le sens de l’action, ici en Alsace avec la belle expérience –qui fait école- de la « Journée citoyenne » à Berrviller et ailleurs : « l’autre est un ami » : ce pourrait être un très bon sous-titre de cette belle initiative que revient chaque année désormais.

« Nous avons la plus belle classe politique d’Europe », lance-t-il en terminant ; c’est notre espoir.

Et de citer son père après son exil vers le Maroc durant la guerre d’Espagne : « Nous avons quitté un pays de soleil pour un pays de lumière ».

De nombreuses questions sont posées spontanément par des participants, y compris depuis Lyon : elles permettent à Jean-Louis SANCHEZ de donner des précisions sur son intervention, que nous pourrions synthétiser ainsi :

  • Recoudre éthique et politique : pour redonner du sens aux priorités et donner de l’espérance ;
  • Se rassembler sur des idées ;
  • La fraternité, ce n’est pas seulement avoir le souci des autres : bien voir que tous les hommes, autochtones et réfugiés, sont de la même famille ;
  • Faire de notre vulnérabilité une force pour demain ;
  • Bien monter la richesse de l’autre ;
  • Lutter contre le manque de courage et de vision.

Durant un quart d’heure, la centaine de participants prend le temps d’écrire une réponse à deux questions :

-Quelle idée je retiens de ces trois jours ?

– Que  vais-je et que veux-je mettre en œuvre pour construire la fraternité ?

Plusieurs participants se lèvent et lisent leurs réponses.

En voici une : « La fraternité n’est pas une option : elle se construit d’en-bas ».

Mme DREYER, adjointe au maire de Strasbourg, intervient en disant sa joie de voir la Ville accueillir une telle assemblée avec cette portée ; elle confirme, de la part du maire, l’importance qu’il accorde à la promotion de la fraternité ; puis elle donne un témoignage très personnel, en ce temps de campagne électoral très dur, que cette matinée est pour elle un vrai ressourcement.

A Lyon : les personnes réunies ont accueilli des participants qui, pour la première fois, prenaient contact avec le Mouvement politique pour l’unité et le mouvement des Focolari. Plusieurs interventions sur la fraternité ont suivi celle de JL SANCHEZ : sur l’éducation, l’entreprise, la politique… Ce groupe s’est déclaré très impressionné par les ouvertures que ménage la fraternité pour bâtir l’avenir.

Marie-Odile et Michel BATT et le groupe MPpU de Strasbourg concluent en lisant une charte de la fraternité qu’ils ont rédigée.

Ce colloque se veut donc être un « outil » pour voir en la fraternité un levain pour concilier des positions antagonistes.

Il marque donc un point de départ pour d’autres initiatives…

Didier DASTARAC

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